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Mon Parchemin

  • edithmorvan
  • 8 mars
  • 21 min de lecture

Une histoire si particulière d’une bretonne née de l’agriculture : originaire de PLOBANNALEC et du monde agricole puisqu’elle a grandi avec ses parents, sa sœur, Bénédicte et son frère, Benoit au cœur de la ferme de Pen Ar Palud, tenue actuellement et depuis 1998 par sa sœur, Bénédicte.

Dès 1989 à la fin de son année de seconde au lycée agricole du Nivot à LOPEREC, Edith se questionne sur son orientation. Un stage obligatoire de fin de seconde va l’aider et l’aiguiller. Elle part pour 3 semaines en Alsace sur une exploitation laitière. A ce moment-là, elle ne sait même pas à quoi ressemble un pied de vigne. Pendant son stage, un dimanche, elle enfourche un vélo et direction la route du vin. Elle la prend à Thann et pédale jusqu’à Wuenhein ; les parcelles de vigne s’enchainent, c’est la découverte. A son retour en Bigoudénie, Edith partage son stage avec sa famille et surtout ses parents et leur fait part qu’après son Bac D’ agronomique, elle souhaite faire un BTS viticulture-œnologie. 


« Je savais que la ferme familiale était trop petite, une seule installation était envisageable. Néanmoins, je ne souhaitais pas faire carrière dans un bureau ; le lien à la terre était très fort renforcé par ses 4 années de lycée agricole où l’agronomie (science du sol) était une matière enseignée à profusion.

Une nouvelle histoire, qui plus est, originale, commence. Et pas la moindre. Les premières semaines de BTS sont étranges ; un nouveau contexte est à apprivoiser, surtout le métier, la technique et le vocabulaire technique. Je sors de ma zone de confort …… . Adieu veaux, vaches, cochons, patates, choux-fleurs…. »


Après 2 années de BTS Viti-Oeno au lycée viticole de Briacé en Loire Atlantique, elle poursuit son cursus vigne et vin par une licence des sciences de la vigne à l’Institut Jules Guyot à Dijon tout en faisant ses stages d’études en Alsace. Elle termine son cursus bac +5 à la Faculté d’œnologie de Bordeaux par le Diplôme National d’œnologue, le DNO renforcé par son stage de fin d’étude réalisé aux Caves de Rauzan. 


« Mes 5 années d’études et de stages me confirment que j’ai mis les pieds dans un monde fermé, très masculin voire macho, misogyne… qui a très bien évolué en 30 ans puisqu’aujourd’hui, il y a plus de femmes que d’hommes dans les métiers de la vigne et du vin. » 


Dès 1997, Edith est sur le marché de l’emploi. Après 3 années de petits contrats dans le milieu de la vigne et du vin, elle signera son 1er CDI en janvier 2001 dans une cave coopérative de l’Entre-Deux-Mers, cave de Grangeneuve à Romagne en tant que technicienne vignoble. En juin 2005, l’Union de Producteurs de Saint Emilion lui ouvre ses portes. Elle remplacera Claude PERES, 1er conseiller viticole des caves coopératives en place depuis 42 ans. Le challenge est fort et grand. Elle prend sa chance et suit dès l’été 2005, 192 viticulteurs et 800 ha de vignes tant sur le plan technique qu’administratif. Elle a un rôle déterminant de conseil, d’accompagnement, de pédagogie avec un objectif dicté par le Conseil d’Administration de l’UDPSE : produire un raisin sain et de qualité afin de produire les meilleurs vins de l’appellation Saint Emilion et Saint Emilion Grand Cru. 


Le challenge durera 15 ans. Ces 15 années, parlons-en : 

15 années de partenariat

15 années pendant lesquelles les viticulteurs m’ont tout appris

15 années d’échanges et de partage

15 années d’empathie et d’incompréhension

15 années de découverte de pratiques, de la viticulture et de ses aléas, climatiques notamment

15 années de plaisir, de passion, d’envies


Mais aussi 15 années de combat :

  •  sur la taille en guyot simple, double et de son cot

  • Sur la qualité des ébourgeonnages, ni superposition ni croisement d’aste

  • Sur la qualité de l’étalement de récolte, chasse aux paquets

  • Sur la gestion des vers de grappes combat anti-botrytis

  • Sur la santé du sol et de la plante

  • …..


Tout ce combat pour atteindre l’optimum : un raisin sain et mûr

Et l’évolution de la viticulture par la réglementation, la remise en cause de certaines pratiques culturales viticoles : la guerre aux résidus de pesticides, Cancérigène Mutagène Reprotoxique CMR et Perturbateurs endocriniens, les Zones Non Traitées (ZNT ) et j’en passe.

Et pourtant, il faut produire et surtout produire. C’est le manque de raisin qui coûte cher.

Et les vendanges, moment fort et intense d’optimisation de la maturité des raisins pour un encuvage lui aussi optimisé.


Ce parcours de conseillère viticole s’arrêtera le 30 septembre 2020.

15 années d’acharnement, d’engouement pour un aboutissement professionnel.

A chacun sa route, à chacun son chemin, sortir d’un rituel, se donner de l’ambition, sortir de la perfusion et mettre en place son propre challenge, son propre combat.


« J’ai choisi d’orienter ma carrière professionnelle majoritairement à la technique sur la santé du sol et la santé de la plante en y intégrant la notion de potentiel redox « la vie est un petit courant électrique » et en priorisant la vie, la biologie et le vivant. Je crée ma structure de conseil - formation ATCVinea au 1er octobre 2020 afin d’accompagner les viticulteurs qui défendent la même philosophie que moi : la santé du sol pour la santé de la plante et produire un raisin sain, mûr et de qualité. C’est un travail de longue haleine pour lequel les premiers résultats ne seront pas visibles avant 3 à 5 ans et pour lequel un minimum de 10 ans sera nécessaire pour stabiliser les bases. Les bases, c’est le sol et sa régénération, son aggradation par le stockage massif de carbone. Les sols agricoles et viticoles sont fatigués, usés, lessivés, lixiviés, déstructurés.

Mais je sais où je vais. Je mets le doigt là où ça fait mal et je poursuis mon envol. »


Déjà viticultrice depuis le 1er janvier 2008 sur la commune de Lugasson sur des vignes prises en fermage à Claude IMBERT sur les appellations Bordeaux, Bordeaux Supérieures, Bordeaux Blanc et Entre-Deux-Mers, Edith régénère les sols sur ses 3 ha de Bordeaux depuis 2010.

La chance lui sourit à nouveau le 14 décembre 2017. Elle signe avec Christiane QUINSAC MONMAILLE un bail de fermage de 9 ans sur 1ha9806 de vignes en appellation Saint Emilion – Saint Emilion Grand Cru, parcelles plantées sur les communes de Vignonet et Saint Sulpice de Faleyrens. Ce premier bail de 9 ans sera transformé en bail à long terme le 25 juillet 2022, Edith fête ses 50 ans. Quel beau cadeau, le rêve continue.


« Mais qui est donc Christiane ? La croisée des chemins entre Edith et Christiane se fera à l’Union de Producteurs de Saint Emilion. Christiane est sociétaire coopératrice et Edith, sa conseillère viticole. Lors de la déclaration de récolte 2016, Christiane annonce à Edith que le millésime 2017 sera sa dernière récolte et lui demande de l’aider à trouver son successeur, son repreneur. Je lui propose 5 viticulteurs qui l’entourent et qui ont l’amour de leur métier. Christiane a quelques mois pour choisir. Dès janvier 2017, lors de la visite de taille avec Christiane, j’aborde le sujet du repreneur en demandant à Christiane si elle a fait son choix. Non me dit-elle. Pourtant, le temps passe, les démarches administratives peuvent être longues ! Je revois son fils Mickaël une quinzaine de jours plus tard et je pose la même question à Mickaël : « maman a-t-elle fait son choix ? ». Non toujours pas, me répond-il. Et là, un quart de seconde dans ma tête, il faut secouer les cocotiers : je dis à Mickaël que je me positionne sur les parcelles. Je suis la 8ème ou 9ème sur la liste. Je ne suis pas rentrée au bureau que le téléphone sonne ; Christiane m’annonce que ses parcelles seront pour moi, je suis l’heureuse élue. J’entends encore aujourd’hui résonner dans ma tête la voix de Christiane qui me dit « Edith, mes parcelles de vignes seront pour toi ».


Le millésime 2017 sera très difficile moralement ; la quasi-totalité des vignobles de France sont gelés. Les vignobles de Bordeaux et de Saint Emilion n’y échappent pas. La récolte 2017 des parcelles de Christiane sera anéantie en 4 nuits : 20 – 21 avril et 27 – 28 avril. La campagne du millésime 2017 se poursuit, le moral n’y est pas. 

Dès le 14 décembre 2017, le passage du flambeau a lieu entre 2 femmes, Christiane et Edith. 


«  Je prends les rênes des 6 parcelles de vignes afin de chaperonner ce 1er millésime : Un travail acharné pour notre 1er millésime, 1ère cuvée ; une maîtrise technique viticole chahutée par des périodes climatiques à redondance. »


Christiane verra naître sur ses parcelles un nom de château : le château TerreCiel ; travail de longue haleine mené par Edith en collaboration avec sa famille et Christiane.

Les 3 premiers millésimes (2018 – 2019 – 2020) sont menés en famille, Miguel son plus grand compagnon et ses enfants Gwenn et Alann. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Les premières années sont toujours délicates parfois d’ailleurs aggravées par d’autres aléas…


La vigne a un cycle annuel et chaque étape a son importance de la taille aux vendanges. Il n’est pas question de les saboter au risque de les subir. Les grandes étapes du cycle annuel sont la taille, le tirage des bois, le pliage, l’épamprage, l’ébourgeonnage, les effeuillages, le levage, le rognage, le suivi sanitaire, le soin aux jeunes plants et le tout aussi important à mes yeux voire le plus impactant c’est le soin apporté au sol. Tous les travaux manuels et mécaniques sauf les vendanges sont réalisés par Edith et sa petite famille. Le vignoble est exigeant ; il demande de la part de son viticulteur beaucoup d’observations, de réactivité, d’anticipation afin d’être très vigilant et d’être capable d’intervenir en préventif. Les interventions en curatif apportent rarement de bons résultats. Voilà être sur le Qui-Vive, c’est la météo qui commande. Un orage est très vite arrivé et la prévision météo reste malheureusement très souvent imprécise. Et oui, en viticulture, le mildiou nous guette. De fin avril jusqu’aux vendanges, la semaine a toujours 7 jours de 24 heures mais les jours de la semaine n’ont plus qu’un seul nom « Fête du travail ». L’agriculture et la viticulture dans mon cas demande beaucoup de raisonnement et de réflexion pour réussir et contourner certains problèmes pouvant avoir des répercussions financières et économiques importantes.


Depuis 2021, je suis amenée à embaucher temporairement de la main d’œuvre très locale sur mai et juin puisque la quasi-totalité des travaux du végétal se concentre sur cette période : épamprage, ébourgeonnage, levages, effeuillages, rognage et couverture phytosanitaire adaptée au besoin. Et oui, ses enfants ne sont pas des passionnés de la vigne, ils se sont orientés vers d’autres horizons. Seules les vendanges mécaniques et/ou manuelles sont réalisées en prestation. Certains travaux sont énergivores en temps et en main d’œuvre et toutes les étapes des différents travaux de la vigne sont incontournables pour avoir un raisin aéré et ventilé afin de produire un raisin sain, mûr et de qualité mais la taille, les ébourgeonnages, les effeuillages sont les travaux qui apportent le petit plus. La taille réalisée sur les parcelles du château TerreCiel est une taille physiologique douce permettant à chaque cep de maintenir voire de retrouver leur résilience, de respecter les flux de sève, d’assurer la mise en réserve dans le vieux bois. Les parcelles du Château TerreCiel ont entre 40 et 60 ans ; Edith a pour ligne de conduite d’assurer encore pour quelques années la pérennité de ce vignoble. De ce fait, elle priorise certains travaux à la tâche manuelle au détriment du mécanique. C’est le cas des effeuillages et des vendanges. Intégralement mécanique en 2018 – 2019 – 2020 et 2021. En 2022 et 2023, certaines parcelles ont été récoltées à la main et d’autres à la machine. Le millésime 2025 est intégralement récolté à la main ; Edith espère à terme que toutes les parcelles seront récoltées manuellement dans un souci de pérennité du vignoble et de respect du fruit et du vin qui en sera issu.


Son sol, son combat.



Arrêter de penser que le sol est un simple support. Il a avant tout un rôle nutritif et nutritionnel. C’est aussi assurer la souveraineté alimentaire.

La révolution industrielle entraîne la révolution agricole en France au début du 18ème siècle. La France a détruit ses sols en 150 ans d’histoire, aggravé par la demande de De Gaulle en 1959 : la France doit être en autonomie alimentaire. 


«  Je confirme avoir appris pendant mes études et surtout mes 4 années de lycée agricole, l’agriculture productiviste forte consommatrice d’intrants chimiques. 

Dès 2010 sur mes parcelles de Bordeaux et dès 2018 sur mes parcelles de Saint Emilion, j’enclenche la machine régénératrice des sols en mettant en place des semis d’engrais verts à l’automne : des sols jamais nus toujours couverts et qui séquestrent énormément de carbone apporté par les constituants des végétaux : la lignine, la cellulose et l’hémicellulose. Le carbone, c’est la vie ; c’est aussi la base de l’humus stable et de toute la biologie des sols. Place au vivant, gage de stabilité, de résilience et de durabilité.

Mon combat sur les sols est double : augmenter le taux de matière organique et ramener de la vie, de la biologie et du vivant. Mon combat passe inévitablement par l’importance des cycles naturels du carbone, de l’azote, de l’eau mais aussi du soufre, du phosphore, de la potasse et de la magnésie sans oublier le rôle incontournable des oligoéléments…. afin que ses sols retrouvent structure, porosité et perméabilité au travers de leurs fertilités physique, chimique et biologique, et leur autofertilité. La porosité d’un sol est sa capacité à faire circuler l’eau et l’air au travers de ses pores. Et la perméabilité d’un sol est sa capacité à infiltrer de grosses quantités d’eau ce qui permet de limiter et/ou d’éviter les inondations lors de fortes et grosses pluies. Ce que l’agriculture connaitra de plus en plus malheureusement liées au dérèglement climatique. 

Sans oublier l’importance prise par le monde des pathogènes. La chimie de synthèse a détruit beaucoup d’équilibres naturels. Nous nous devons aujourd’hui de refaire la colonisation spatiale de notre environnement aérien et souterrain. Le réseau microbien de nos sols, c’est la vie, notre vie. Le microbiote du sol, c’est notre microbiote intestinal. Nous sommes tous gros et/ou malades de ce que l’on mange. Les analyses de sol ont plus d’importance que nos analyses de sang.

Pour atteindre plus rapidement ces objectifs, Edith apporte de nombreuses corrections dans ses sols : apport de basalte et de microorganismes, bactéries et champignons, par l’épandage de petit lait, lifofer (litière forestière fermentée), kanné (lactofermenté de farine de seigle bio), extrait de compost enrichis et mûris et autres concentrés de champignons mais aussi du Patenkali, de la kiésérite, des coquilles d’huitres concassées pour assurer le rééquilibrage des sols au travers de sa fertilité chimique mais aussi du lithothamne et de l’ascophyllum nodosum, algues marines péchées sur les côtes bretonnes…. Du soufre pour décarbonater les sols dans le but d’équilibrer le calcium, le magnésium et la potasse etc et de baisser sensiblement le pH…


La couverture sanitaire des vignes est assurée par des bouillies à base de cuivre, de soufre et de microorganismes. L’application de microorganismes prend de plus en plus d’importance dans un but de colonisation spatiale de la phyllosphère par des microorganismes épiphytes et endophytes afin de limiter au plus l’utilisation de cuivre mais la bonne dose au bon moment.

En plus des semis d’engrais verts, Edith passe également par la plantation de haies, arbres, arbustes et petits fruitiers. Des plantations de haies sont réalisées en bordure de fossés et cours d’eau et des petits fruitiers plantés dans les rangs de vigne.

Les parcelles du château TerreCiel sont ancrées dans le tempo du moment : agroécologie et agroforesterie, philosophie ancestrale remise à l’ordre du jour qui accompagnent l’agrobiologie et l’agronomie. 

C’est redonner au sol leur fonction de puit de carbone puisque le sol peut être assimilé à un méthaniseur vert et de toute façon, ce sont les végétaux qui construisent les sols… Le sol est bien un lieu de digestion, de transformation et de stockage de carbone.

L’agroécologie et l’agroforesterie se basent sur les fondamentaux agronomiques, sur la biologie et le vivant. C’est une façon de penser et d’envisager des solutions aux problèmes existants en composant avec ce que nous offre le milieu naturel : travailler et accompagner la nature, ne plus lutter contre, réguler et ne plus détruire, limiter l’impact de l’homme dans une optique de guérir les causes du mal et non s’éreinter à soigner les conséquences.


C’est une approche holistique qui englobe la technique, l’économique, le social et le sociétal qui permet d’atteindre la règle des 5P : Prévention – Protection – Pérennité – Productivité – Paysage.

C’est une démarche qui nécessite du temps, du raisonnement et de la réflexion. Combien de temps nous faudra-t-il pour reconstruire les AgroEcoSystèmes ? En attendant, la transition nous demande beaucoup de vigilance car les équilibres naturels sont très fragiles et sensibles. La vigne, conduite de nombreuses années « sous perfusion », a shunter son propre système de défense. Combien de temps lui faudra-t-elle également pour retrouver son propre système immunitaire, ses propres défenses. Pendant ce temps, nous devons produire du bon raisin, mûr et sain. Et ce qui coûte cher, c’est de ne pas produire…


Les semis d’engrais verts sont aussi  pour elle une solution de lutte passive contre le gel. 

« Pour 2 ha de vignes, j’ai 6 parcelles. Un vignoble éclaté qui ne me permet pas de mettre en place d’autres systèmes antigel, d’ailleurs bien plus onéreux. Je sème des engrais verts dans tous les fonds de vignes et je les entretiens de façon à ce qu’ils produisent de la biomasse, qu’ils soient plus hauts que la vigne en avril, période de grands risques de gel. Les engrais verts sont roulés, mulchés début mai lorsque le risque de gel disparaît. Observée par ses voisins, certains auront le courage de lui dire qu’ils ne sont pas habitués à ses pratiques. Aussi étranges qu’il soit, le résultat est là, à condition que leur développement est optimal. Sinon, il est fortement nécessaire qu’ils soient détruits avant le gel au risque d’aggraver les dégâts. »


Le vignoble de Edith est certifié en Agriculture Biologique et en Haute Valeur Environnementale HVE.



«  Je ne suis pas rentrée dans la certification Bio pour faire tout ce travail mais parce que je l’ai fait. A mon goût, la règlementation bio est quelque peu sectaire, pas toujours logique ; je vais plus loin et flirt souvent avec des pratiques biodynamiques…. Mais c’est le seul label que le consommateur est capable de reconnaitre et éventuellement de comprendre. Etant engagée dans une philosophie de régénération des sols et en route vers le bio, la certification HVE avait pour moi beaucoup plus de sens et d’intérêt… Le château TerreCiel est certifié HVE depuis le millésime 2019 et sera bio au millésime 2023. » 

Je pourrais également demander la certification DEMETER ou Nature et Progrès et tant d’autres ; ah quoi bon avoir toutes ces certifications et normes ; certes démontrer ton implication technique, environnementale, sociale et sociétale. Pourquoi pas un jour ! Avant tout et pour l’instant, je vends au travers de mes vins une histoire, une philosophie, une passion et pas que normes et certifications.


Il y a une seule partie du maillon qu’Edith ne gère pas directement : c’est la vinification de son vin et pourtant elle est œnologue. Néanmoins, elle suit de près sa cuvée : les fermentations et l’élevage au cours du temps. Elle déguste régulièrement ses vins avec les œnologues de l’UDP. Du temps de Christiane et de son frère Jean Claude et bien avant, de leur papa Jean QUINSAC, les raisins de leurs vignes étaient déjà vinifiés à l’Union de Producteurs de Saint Emilion. 


« Il me paraissait incontournable de rester à l’UDP, avec mes 15 années passées au cœur de cette structure, je connais parfaitement les équipements, le fonctionnement et le sérieux. Si le raisin apporté à l’UDP est de bonne qualité, il n’y a pas de raison que le vin qui en est issu ne soit pas « High Level ». »


Le fait d’avoir créé un nom de château sur ce vignoble et de suivre la certification bio, les raisins sont vinifiés dans une cuve dédiée à son château tout comme 80 autres châteaux et cuvées spécifiques.

L'union fait la force! En 1933 fut créé à Saint-Émilion la première cave coopérative de Gironde.

L’Union de Producteurs de Saint-Émilion, c’est aujourd’hui la maison de vinification de 145 adhérents et 650 hectares de vignes sur les appellations Saint-Émilion et Saint-Émilion Grand Cru, Saint Georges, Montagne, Lussac, Puisseguin, Castillon Côtes de Bordeaux, Bordeaux Supérieur et Bordeaux – 80 cuvées et châteaux vinifiés séparément - 35 000 hectolitres de récolte par an, à réception de vendange – un bel équipement vinicole digne des plus grandes appellations et châteaux de Saint Emilion - Un transfert de vendange par gravité - Un chai de vieillissement de 5000 barriques - Une production annuelle de 4 500 000 cols.

Les raisins du Château TerreCiel y sont vinifiés. Le vin est élevé en barrique pendant 9 à 12 mois ; mis en bouteilles et conservés à bonne température et hygrométrie.


A la création du nom de château, Edith envisage de vendre son vin. Vient donc le temps de la création de l’étiquette. Là encore, un véritable parcours du combattant. Deux années de décisions et d’indécisions. Il est important que la qualité du vin soit à la hauteur de la qualité de l’étiquette et vice-versa. La décision est prise de partir sur un château en Saint Emilion Grand Cru. 


« A la création du 1er dessin, je voulais absolument le dessin d’un cep de vigne. Un cep vivant qui travaille, qui transpire ; la sève du cep en comparaison à la sueur du viticulteur et ses racines en comparaison aux veines du viticulteur également. Mon histoire est originale, l’étiquette devait l’être aussi. A ce moment-là, ma fille Gwenn est en master de communication et marketing digital. Elle met sa pierre à l’édifice. Le service Com et Marketing de l’UDP et un imprimeur nous font des propositions bien nombreuses. Le dessin de l’attrape rêve est retenu et je demande d’insérer dans le rond de l’attrape rêve le cep de vigne dont les racines seront rattachées aux grappes, feuilles, vrilles. C’est gagné, le dessin plait à tout le monde. La famille et les amis auront également participé à la création de notre étiquette. Ils ont eu le droit de se lâcher et de faire de la critique positive et constructive autour d’une dégustation. Autre importance : l’étiquette doit être TOP. »


Pour rester au TOP mais aussi proposer divers produits, une deuxième cuvée voit le jour en 2023, une deuxième étiquette est créée. C’est le merveilleux millésime 2022 qui sera à l’honneur.

Elle est l’image du travail réalisé au vignoble et surtout l’importance donnée aux fondamentaux de l’agronomie : une philosophie, un besoin, une nécessité, un incontournable, une exigence…


Benjamin du château TerreCiel Saint Emilion Grand Cru, de qualité équivalente, il se décline sous la marque « A » en Saint Emilion.

Le dessin de l’étiquette du « A » Saint Emilion rappelle celui de l’étiquette du château TerreCiel.

Une partie du cercle de l’attrape rêve est repris et fait office de soleil. Le soleil, parlons-en, lui qui permet aux végétaux de faire la photosynthèse par le biais de l’énergie lumineuse qu’il émet. Captée par les feuilles de vigne notamment, il fait murir le raisin. Mais la vigne a aussi besoin de son sol, de son terroir. Un sol en bonne santé est un sol dans lequel grouille l’infini, des milliards de microorganismes et des milliers de vers de terre d’ailleurs représentés sur l’étiquette, un champignon au pied du A et un ver de terre sur la queue du A.

Sans oubli le rôle de la biodiversité aérienne représentée par la coccinelle et l’abeille….

De la santé des sols à la santé des hommes, respect des chaines alimentaires….


Créativité et originalité, le descendant du Château TerreCiel, né d’une philosophie profonde et encrée, saura attirer l’attention et la curiosité. 2 produits 2 élevages : 2 vins différents !.Les parcelles du château TerreCiel et du A sont conduites en agroécologie et agroforesterie, sciences pour lesquelles la plus fondamentale est l’agronomie…« A » signe de respect de nos racines AGROS : Agriculture – Agronomie – Agrobiologie – Agroécologie - Agroforesterie.Redonnons à la nature ses droits, sortons de l’Anthropisation, Aggradons nos sols afin de les rendre Autonomes. Rendons nos papilles Atomiques, nos ressources pleines d’Antioxydants. Positivons de nos richesses scientifiques et techniques afin d’atteindre Alchimie et Apogée gustative et Aromatique… « Au fond du vin se cache une Âme. »« Ah bon » !Il naitra d’un millésime qui a marqué la France, du réchauffement et de ses accidents climatiques.

Les raisins 2022, base du château TerreCiel Saint Emilion Grand Cru et du A Saint Emilion, ont été ramassés le samedi 24 septembre 2022, ils ont profité d’une maturité optimale : richesse en sucres, en tanins et anthocyanes, en arômes, qui a permis de récolter des baies saines, suaves et charnues. Les anthocyanes sont les molécules responsables de la couleur des vins rouges.

Les raisins du château TerreCiel Saint Emilion Grand Cru et du A Saint Emilion ont été produits, ont mûri entre Terre et Ciel selon une philosophie ancestrale : l’agroécologie et l’agroforesterie viticole.


Les vendanges, moment si attendu, finalité et résultat d’une année culturale complète. 

Le raisin, résultat mixé d’une synergie du sol, du terroir, d’un cep de vigne, d’un climat, d’un taux d’ensoleillement, du travail du viticulteur, etc… 

Le vin, résultat mixé de la qualité du raisin, de la qualité des vinifications, de l’élevage, etc… 

Le viticulteur/vigneron est pressé et pas pressé à la fois de récolter. Néanmoins, la qualité du vin d’un millésime donné ne doit pas être impacté parce que le raisin a été récolté quelques jours trop tôt. Il est souvent urgent d’attendre. La dégustation des baies à l’approche des vendanges permet de récolter à la date optimale. C’est aussi l’occasion pour le vigneron/viticulteur de s’approprier un peu plus son vignoble et de construire son futur vin. Ce serait dommage de ne pas en profiter surtout lorsque la fin de l’été et le début de l’automne le permettent. La qualité d’un vin, c’est avant tout la quantité et le taux d’ensoleillement dont la vigne et le raisin ont pu bénéficier tout au long de la saison depuis fin avril.


L’année culturale 2022 est particulière encore une fois comme chaque millésime d’ailleurs. Personne n’est sans savoir qu’en 2022, il a fait chaud, très chaud même en bigoudénie. En Gironde, nous avons atteint des températures de 42°C sous abri. Même sous abri, il n’y avait personne dehors donc en plein soleil encore moins. Et pourtant la vigne y était en plein soleil et sans parasol. Ce sont des températures au sol qui dépassent les 50°C. Il semble important de préciser que la vigne est une liane et que la vigne aime la chaleur. A partir du moment qu’elle est bien installée, enracinée avec un système racinaire profond, la vigne supporte bien la chaleur. Par contre pour le stress hydrique, ce n'est pas le cas. Et la vigne souffre du stress hydrique si son système racinaire est mal installé, si la profondeur du sol est insuffisante, si le sol ne retient pas suffisamment l’eau, etc…

Les sols couverts par un enherbement ou un épais mulch d’engrais verts a aussi permis à la vigne de mieux supporter empêchant l’énergie solaire de pénétrer dans les 1ers cm du sol. Si le sol est couvert, c’est aussi son climatiseur. L’être humain est mieux au frais qu’en plein soleil et imaginez que nous soyons dépouillés de notre peau, de notre épiderme et que nous soyons mis en plein soleil pendant des heures… Méchoui… »


Chaque année, chaque millésime apporte son lot de surprises : 

  • Millésime 2023 : le climat du mois de mai est tropical – chaud et humide – Entre bataille et bagarre contre le mildiou

  • Millésime 2024 : la vigne a manqué de soleil et de chaleur d’avril à juillet

  • Millésime 2025 : caractérisé par ses 2 longues périodes caniculaires. Ce sera le millésime qui verra naitre en Saint Emilion « Nature et Confiture » : un vin sans soufre et sans bois !


Et pendant tout ce temps les vins de Bordeaux connaissent une crise profonde, structurelle depuis août 2019 qui touche en premier les appellations de base ; les grandes appellations (Pomerol, Saint Emilion, Pauillac, Saint Estèphe, …) seront à leur tour touchées dès 2024.

C‘est la deuxième crise structurelle que je connais après celle de 2004 – 2008.

Les causes sont diverses et variées : baisse de la consommation, désintéressement pour les vins de Bordeaux, qualité insuffisante, image des vins de Bordeaux en berne, perte de leur suprématie, fermeture du marché chinois, conflits commerciaux, vins aux caractéristiques organoleptiques trop vieillottes, manque de présence des vignerons auprès des consommateurs …

Et cette nouvelle crise structurelle se fond aussi à six mauvaises récoltes entre 2017 et 2023 ; récoltes impactées par le gel-grêle et/ou le mildiou…

Les vignobles de Bordeaux subiront arrachages, distillation, abandon de parcelles, arrêt d’activité forcée sans oublier les éventuels dépôts de bilan…

Dans tout ça, beaucoup d’optimisme, de volonté d’avancer, de poursuivre, de développer, de modifier ses pratiques parce qu’il y a beaucoup de choses à faire pour sortir du tunnel, être force de propositions.

Les crises, j’en ai connues un certain nombre : le lait, les légumes, les céréales dans les années 1980 et 1990.


Je me suis orientée vers les métiers de la vigne et du vin au début des années 1990. C’est pour moi une histoire originale, une philosophie, une passion. Je ne me vois pas ailleurs que là !

Je suis la viticultrice, la vigneronne, la banquière, la comptable, la gestionnaire, la secrétaire, la décisionnaire, community manager bien épaulée par Gwenn et Séréna, et bien évidemment la plus grande commerciale, ambassadrice et commanditaire de ses produits …..

Je donne beaucoup d’importance à la valeur des produits locaux et artisanaux, à la vente directe et aux circuits courts afin de valoriser à sa juste valeur : Une Agriculture Paysanne aux Pratiques Durables

Pour cela, je me déplace en régions Bretagne, Alsace, Ile de France, Aquitaine, Lyonnaise sur des salons vins et gastronomie, foires bio, marchés de producteurs de pays, marchés de Noël sur 20 à 25 week-ends de février à décembre, un véritable tour de France rempli d’étapes et de contre la montre. C’est pour moi l’occasion de vous rencontrer, de partager avec vous, consommateurs, mon rêve, ma passion, ma philosophie, mon métier et mes vins autour d’une dégustation ; derrière mes vins, il y a une âme.  

Je lie l’utile à l’agréable en proposant également la livraison de vos commandes lors de mes déplacements. Et comme je tiens à la rencontre et au contact, je n’ai pas opté pour la livraison par transporteur ! N’hésitez pas à venir me rencontrer au fil des mes déplacements et de mes étapes. A votre disposition carte de France des lieux et dates.


Le vin issu des raisins de 6 parcelles différentes est l'image de cette maturité recherchée chaque année : d'un rouge vif, des arômes de fruits rouges bien mûrs et je m’amuse à caractériser chaque millésime : 

  • 2019 : millésime intense et subtil

  • 2020 : millésime féminin aux fins tanins

  • 2021 : millésimes aux multiples embruns

  • 2022 : millésime généreux, ambitieux et somptueux

  • 2023 : millésime rempli d’effroi et de joie

  • 2024 : millésime Désirée, oh, Désirée

  • 2025 : millésime gourmand, charmant et fascinant

Nouveauté : naissance de « Nature Confiture » : sans bois – sans soufre


Edith profite au travers de ses qualités de conseils et de formatrice, de sa pédagogie et propose à qui le veut des initiations à la dégustation : associations culturelles, sportives, alimentaires – groupe d’amis – Comité d’entreprise – etc… sur rendez-vous.


« Je partage ma passion autant à la vigne que devant un verre en racontant mon histoire mais aussi en initiant le consommateur à la dégustation. Il me parait incontournable que le consommateur lambda ait les bases et des repères pour pouvoir apprécier ce qu’il consomme. Déguster un vin, c’est faire travailler 4 de ses 5 sens : la vue, l’odorat, le goûter et le toucher. Effectivement, le consommateur ne touche pas avec ses doigts mais avec ses papilles. Il me semble important de pouvoir définir si le vin est jeune, vieux, évolué, de caractériser ses arômes et de les confirmer par la rétro-olfaction (retour des arômes par la voie olfactive), de décrire les sensations en bouche, de déceler des défauts, etc…

Je propose depuis l’été 2021, des initiations à la dégustation. Quelques amis et membres de la famille ont pu en bénéficier et peuvent parler à leur tour autour d’eux de ce grand moment de convivialité.


En tant que Bigoudène, je recherche à faire profiter mon produit localement en espérant pleinement qu’il soit fortement apprécié. Les retours locaux sont encourageants. 


Ma passion, mon combat, je peux les définir en quelques mots : plaisir, aboutissement, accomplissement, fierté, enthousiasme, extase….


Être viticultrice pour une bigoudène : une découverte - un challenge - un lien à la terre aussi fort qu’en agriculture - un fruit sensible à protéger jusqu’à la récolte - une appellation de grande notoriété - un climat qu’il faut apprivoiser : tout est violent en Gironde : la chaleur, les orages. 

Présenter et défendre un produit cher et non essentiel - être observée dans ses pratiques – Être regardée, vous n’êtes pas chez vous – Être acceptée malgré tout



 
 
 

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